Où en est-on du casque de réalité augmentée ?

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Le casque de réalité augmentée n’en finit plus de faire bouillir d’envie l’industrie des nouvelles technologies et les nerds de tous poils. Mais comme pour son équivalent de réalité virtuelle, il est victime d’un paradoxe : aucun modèle n’est encore mis à disposition du grand public. Ne risque-t-il pas de demeurer à l’état de fiction ?

Qu’est-ce que la réalité augmentée ?

La réalité augmentée consiste à enrichir la réalité avec des informations, des images ou des sons générés par un accessoire. Il s’agit concrètement de « recouvrir » le réel par une couche d’artificialité créée par l’homme, afin de donner du volume à ce réel sans le modifier.

Pour être dite « augmentée », la réalité doit posséder les caractéristiques suivantes :

  • Combiner le réel avec des données virtuelles ;
  • Se dérouler en temps réel tout en étant interactive ;
  • Utiliser un environnement 3D, à l’image du monde réel ;
  • « Augmenter » les sens, notamment la vue (mais pas seulement).

Pour ceux qui s’en souviennent, la série animée japonaise Dragon Ball Z montrait autrefois une sorte d’ancêtre du casque de réalité augmentée : le détecteur de puissance, sous la forme d’une lunette unique, permettait d’afficher sur un verre-écran des informations sur la force de l’adversaire. Il faisait alors rêver des millions d’adolescents…

Et si la réalité augmentée était déjà… réalité ?

La réalité augmentée est déjà parmi nous, mais à doses homéopathiques : des consoles portables comme la PS Vita de Sony et la 3DS de Nintendo en offrent un avant-goût. Il suffit de poser une carte dédiée sur un support plat et de la filmer à l’aide de la console : des personnages virtuels apparaissent alors sur l’écran, évoluant sur un fond réel.

Les Google Glass, ces lunettes plus polémiques qu’utiles lancées par la firme de Mountain View, sont un outil de réalité augmentée : elles enrichissent la réalité avec les informations transmises par Google en les surimprimant sur les verres, par exemple pour s’en servir comme GPS. Mais leur échec a aussi prouvé que les applications de la réalité augmentée ne sont pas encore évidentes pour tout le monde.

En somme, un casque de réalité augmentée ne recréé pas de toutes pièces un monde virtuel autour de son utilisateur. En vérité, un tel appareil tend à mêler réel et virtuel en s’appuyant sur une technologie holographique. Et là, vous allez dire que ça se complique férocement, ce qui n’est pas tout à fait faux.

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Holographie et réalité virtuelle

L’holographie est encore une technologie différente. Elle a été popularisée par Star Wars – l’hologramme de la princesse Leïa projeté par le droïde R2-D2, les plans de l’Étoile noire présentés en 3D aux chefs de l’Alliance rebelle – et reprise de nombreuses fois dans le cinéma de S-F (Arnold Schwarzenegger qui joue avec son double holographique dans Total Recall).

Cette technologie consiste en la projection d’une image en trois dimensions, que l’on peut observer en hauteur, en largeur et en profondeur – en tournant autour. Et, si vous l’ignoriez, elle existe déjà : l’industrie du spectacle s’en sert pour projeter des images de chanteurs disparus (Michael Jackon, Tupac, Elvis Presley) à l’occasion de concerts hommages.

Réalité augmentée et holographie n’ont rien à voir avec la réalité virtuelle. Celle-ci consiste à plonger l’utilisateur dans un monde virtuel qui englobe son champ de vision, recouvrant la réalité dans sa totalité.

Il est possible de regarder autour, de s’y déplacer, voire d’interagir avec l’environnement – à la manière de Matrix ou de l’ancêtre du cinéma virtuel, Le Cobaye. Des modèles comme l’Oculus Rift et le Morpheus de Sony ont des applications plus qu’alléchantes pour ce qui est des jeux vidéo, et promettent de modifier en profondeur le rapport entre le joueur et son environnement.

Le casque de réalité virtuelle : modèles existants

Voici une sélection de modèles de casques de réalité virtuelle qui existent déjà sur le marché ou ne devraient pas tarder à être commercialisés :

  • Le HoloLens de Microsoft : pensé pour les jeux vidéo ;
  • Le Recon Jet: un appareil visant à améliorer l’expérience des sportifs via une gamme de données fournies par des capteurs : altimètre, GPS, gyroscope, magnétomètre, capteur de pression, senseur infratouge… ;
  • Le SEER, un casque pour smartphone ;
  • Le DiorEyes, un casque fabriqué par la marque qui permet de visiter les coulisses de ses ateliers de création, en images et en sons !

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Où est en le casque de réalité augmentée ?

Microsoft a ouvert une brèche dans la commercialisation du casque de réalité augmentée en présentant l’appareil de sa conception, HoloLens. La démonstration des performances de ce casque sur une version du jeu Minecraft modifiée pour l’occasion a scotché les observateurs.

Équipé du casque HoloLens, le joueur voit apparaître sa construction devant ses yeux, en hologramme. Il peut ensuite changer d’angle, zoomer, tourner autour de sa création. Et naviguer du bout des doigts, comme le personnage de Tom Cruise dans Minority Report. Les jeux de construction et les simulations type Sim City semblent particulièrement bien adaptés à ce genre d’outil.

Néanmoins, ce casque est destiné d’abord aux professionnels et non aux joueurs, contrairement aux casques de réalité virtuelle comme l’Oculus Rift. Des applications pour architectes et pour médecins sont en développement. Le marché grand public ne s’ouvrira que dans un second temps, lorsque des jeux auront été pensés spécifiquement pour être utilisés avec.

Pour beaucoup, cette technologie n’est pas encore au point. À charge aux constructeurs de nous démontrer son utilité au-delà du simple gadget – ce que Google n’est pas parvenu à faire avec ses Google Glass. Le casque de réalité augmentée pourrait vraiment apporter de l’innovation dans la domaine des jeux vidéo, mais alors il ne faudra pas se contenter d’afficher sur un écran quelques données superflues.

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