L’écran plasma, une technologie en voie de disparition

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Si vous avez plus de trente ans, vous avez peut-être bavé devant les écrans plasma de démonstration dans les magasins de hi-fi il y a quelques années. Les gérants de ces rayons choisissaient toujours des films à grand spectacle pour démontrer les qualités indiscutables de leurs télévisions. Normal, puisqu’il fallait vendre des appareils avec des prix à 5 chiffres. Remplacé par le LCD puis le LED, le plasma a aujourd’hui quasiment disparu.

Ça chauffe pour le plasma

Connaissez-vous le point commun entre Hitachi, Pioneer, Panasonic, Sony, Toshiba et Samsung ? Ce sont tous des fabricants de matériel hi-fi, oui. Mais l’autre point commun ? Voilà : ils ont tous arrêté la production de télévisions à écran plasma. Même Panasonic et Pioneer, qui en furent les pionniers, ont jeté l’éponge.

Pourquoi ? Aussi prometteuse fut-elle dans les années 90 et 2000, la technologie plasma n’a pas su contrer l’arrivée sur le marché de téléviseurs LCD de plus en plus qualitatifs, puis de leurs petits frères LED encore plus impressionnants. Et surtout beaucoup moins chers : il n’était pas rare de voir un plasma afficher un prix aussi long qu’un code barre.

Aujourd’hui, l’écran plasma est en voie de disparition. Seul le Coréen LG continue à en fabriquer, arguant du fait qu’il y a toujours des acheteurs potentiels. Mais comme celle de l’évolution des espèces, la loi du marché est intraitable. Et le plasma, maillon faible de la chaîne (télévisée), vit très certainement ses dernières années.

Ce que l’écran plasma a changé

La technologie plasma a changé notre rapport à l’écran, de trois manières :

  • Par son épaisseur : le plasma a signé la fin des télévisions cathodiques, tellement énormes et encombrantes qu’il fallait appeler les voisins pour les changer de place. Les écrans sont devenus fins comme des boîtes d’allumettes.
  • Par sa taille : grâce au plasma, l’écran s’est allongé dans des proportions phénoménales. 1m de diagonale, puis 1,5m, et jusqu’à 4m ( ! ) pour des produits d’exhibition. Le plasma a donc contribué à rapprocher le petit écran du grand (celui de la salle de cinéma).
  • Par son positionnement spatial : l’écran plasma était le premier que l’on pouvait accrocher au mur à la façon d’un tableau, pour une expérience visuelle optimisée.

Puis, au milieu des années 2000, ce fut l’avènement de la haute définition, d’abord sur les écrans plasma, puis appliquée aux autres technologies.

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Alors plasma, ça gaze ?

La technologie plasma n’est pas toute récente. Inventée dans les années 60 aux États-Unis, elle a été abandonnée puis récupérée par des ingénieurs japonais qui, au début des années 90, sont parvenus à proposer les premiers modèles commerciaux sur le marché. À une époque où les écrans cathodiques de 30 cm étaient la norme, Fujitsi produisait des télés de plus de 50 cm de diagonale.

L’idéal de base qui préside au fonctionnement d’un écran plasma est simple : c’est un gaz (souvent un mélange d’argon et de xénon) qui émet de la lumière lorsqu’on lui applique un courant électrique. Ce courant le transforme en plasma. La lumière produite, invisible à l’œil nu, est convertie en lumière colorée visible par les lampes minuscules comprises dans chaque sous-pixel, respectivement rouges, vertes et bleues.

L’écran plasma a toujours ses puristes

Même s’il est en voie de disparition, le téléviseur plasma a toujours ses adeptes, comme il en va des mélomanes qui préfèrent au compact disc et au lecteur mp3 le bon vieux vinyle couplé à une paire d’enceintes haut de gamme.

Au-delà de la nostalgie, cette technologie présente en effet plusieurs avantages :

  • Une excellente qualité d’image quelle que soit la dimension de l’écran ;
  • Des contrastes toujours bien équilibrés ;
  • Un spectre de couleurs très large (notamment une bonne qualité des noirs) ;
  • Un angle de vision suffisamment large pour permettre de voir l’écran même sur les côtés ;
  • Peu ou pas de rémanence (persistance d’une image après qu’elle a été remplacée par une autre).

Idéal, donc, pour les amateurs de home cinéma qui ne retrouvent pas, avec le LCD et LED, la même expérience ni le même confort. Mode du vintage aidant, le comble du chic, c’est encore de connecter son écran plasma à une platine laser disc, le tout relié à un amplificateur des familles !

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Pourquoi va-t-il inexorablement disparaître ?

Les raisons en sont multiples. D’abord, la technologie LCD, si elle ne lui arrivait pas à la cheville dans les premiers temps, est parvenue a rattraper son retard sur le plasma. Surtout, la technologie qui lui a succédé, le LED, a atteint des sommets qualitatifs. En 2014, Samsung a abandonné la fabrication des plasmas pour se concentrer sur les écrans incurvés et l’UHD (ou 4K).

Ensuite, ces écrans présentent des inconvénients qui expliquent leur progressive mise au rencart :

  • Ils chauffent vite et consomment beaucoup d’énergie ;
  • Ils s’abîment avec le temps ;
  • Ils ont une dalle très lourde ;
  • Ils sont sensibles au phénomène de « brûlure d’écran », ce phénomène qui « grave » les images fixes, si elles sont affichées trop longtemps, comme les logotypes des chaînes de télé ;
  • Ils souffrent d’un input lag assez long : ce temps entre l’émission de l’information par la source et son affichage, peu pratique pour jouer aux jeux vidéo par exemple ;
  • Ils coûtent cher à fabriquer.

Surtout, les technologies LCD et LED sont de plus en plus économiques et proposent des formats suffisamment variés pour s’adapter à toutes les pièces de la maison. Vu que les écrans plasma ne sont pas produits à moins de 127 cm de diagonale, pas facile de les installer dans la chambre à coucher non loin du lit, ou même dans le salon d’un petit appartement !

Il faut l’accepter, c’est la loi de la nature : l’écran plasma ne sera bientôt plu. Nul doute, néanmoins, qu’il restera toujours des puristes qui continueront de faire exister cette technologie dans le cœur des téléphages.

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