E-sport, jeu en ligne et médias : l’essor d’un genre pas si nouveau

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« C’est juste la tristesse de ne rien faire », disait en 2014 un célèbre animateur radio français à propos des amateurs de streaming vidéoludique. Pourtant, déjà à l’époque, le jeu en ligne représente une activité productive… et lucrative.

De plus en plus médiatisé, l’e-sport génère de plus en plus d’argent, et suscite également de plus en plus de vocations.

Des LAN entre copains aux pro gamers

Dès les années 80, les fans de jeu vidéo rêvent de pouvoir un jour s’affronter à plusieurs devant un public, exactement comme les supporters s’imagine déjà endosser les maillots de leurs équipes de foot préférées. Les premières LAN voient progressivement le jour dans les chambres et les caves, nourrissant cette idée fertile.

Dans les années 90, survient alors la parution de jeux mythiques, précurseurs de franchises destinées à durer longtemps : Counter-Strike, Starcraft, Quake, Warcraft… Ces perles vidéoludiques font émerger les premières compétitions officielles en France et ailleurs dans le monde, qui rassemblent des milliers de joueurs en réseau local.

L’arrivée des connexions en haut débit amène ce beau rêve à portée de main, et certains projets se concrétisent. C’est notamment l’essor du jeu en ligne, avec des MMORPG bien connus tels que World of Warcraft.

C’est en Corée du Sud que le phénomène connaît une ampleur de grande envergure. En 2000, le gouvernement coréen donne le jour à la Korean e-Sports Association, ou KeSPA. Celle-là même qui aujourd’hui gère le sport électronique professionnel du pays (cliquez ici pour plus d’informations).

KeSPA

Argent, image et jeu en ligne

Commentateurs, immenses salles rassemblant plusieurs milliers de spectateurs, stars internationales et sponsors, le jeu en ligne est désormais une profession médiatisée et financièrement productive. Les joueurs pro perçoivent de leurs mécènes des sommes pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros (voir ce site pour découvrir un classement des salaires). Les finales de compétitions internationales peuvent quant à elle être suivies par plusieurs dizaines de millions de spectateurs.

Salle comble

En Corée du Sud, pays précurseur en la matière, la culture de la gagne est particulièrement développée. Les pro gamers coréens s’illustrent régulièrement lors des championnats mondiaux tels que celui de League of Legends, le titre roi de la discipline. Grâce à la KeSPA, les écuries d’e-sports coréennes disposent de partenariats avec les trois plus grandes entreprises de ce pays : Samsung, Korea Telecom et SK Telecom.

Le jeu en ligne compétitif est donc largement pris au sérieux par le gouvernement de Corée du Sud, et ce phénomène est en train de s’étendre à tous les pays du monde.

Un avenir radieux ?

Le sport électronique est désormais un phénomène culturel massif. Son développement exponentiel est notamment porté par l’émergence des puissances économiques brésilienne, russe, indienne et chinoise. Ces dernières s’intéressent progressivement à cette discipline lucrative.

Au Brésil, un spot publicitaire concernant les compétitions de League of Legends coûte par exemple entre 26 000 et 80 000 dollars. Un montant très peu coûteux pour de grandes sociétés internationales. C’est pourquoi le sol brésilien attire le regard de nombreux investisseurs désireux de se lancer dans cette aventure et d’y trouver leur compte.

D’autre part, la politique à tendance protectionniste du marché brésilien oblige les équipes officielles à intégrer au moins trois joueurs nationaux. Un terrain favorable à l’essor de la professionnalisation vidéoludique au sein de ce pays.

En France, le secteur des jeux vidéo occupe la seconde place des industries culturelles, après le livre. Le potentiel de développement de l’e-sport national n’a pas encore atteint ses limites, et selon certaines études, les revenus générés par cette discipline pourraient atteindre près de 29 millions de dollars en 2018 (visitez ce lien pour en savoir plus).

Il ne s’agit donc plus d’une activité que l’on peut ignorer, et les médias traditionnels sont de moins en moins enclins à la dévaloriser. Une bonne chose pour les gamers !

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