L’économie de marché, c’est quoi exactement ?

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L’économie de marché domine le monde libéral. C’est elle qui fait que vous pouvez travailler dans une entreprise de communication ou de mise en bouteille de vins et, en parallèle, vous procurer des produits fabriqués par d’autres, à l’aide de la monnaie. Mais savez-vous ce que cette expression veut dire exactement ?

L’économie nous fait marcher

Comme son nom l’indique, l’économie de marché est une structure économique dans laquelle domine le marché, c’est-à-dire l’échange de biens, de services et de capitaux. C’est le volume et la qualité de ces échanges qui déterminent la bonne santé du système économique.

Concrètement, c’est un système économique qui consiste à prendre des décisions en fonction de l’offre et de la demande, dans le cadre d’un marché libre. Les décisions en question concernent les étapes de production, les prix des produits, la qualité, etc.

Dans ce système, les agents économiques (entreprises ou individus) peuvent vendre et acheter des biens, des services et des capitaux en toute liberté. Chaque agent économique agit en fonction de ses intérêts, aux dépens de ses concurrents, et cherche à atteindre le but qui justifie le risque : le profit.

La notion de « marché libre » est concomitante à la nature du système. Dans une économie de marché, tout le monde est « libre » de faire ce qu’il souhaite (dans les limites de la légalité) et l’État est invité à ne pas s’interposer dans les échanges économiques.

Dans quel État j’erre ?

Pour les défenseurs de l’économie de marché, le laissez faire favorise la croissance économique en encourageant l’initiative individuelle et la libre concurrence. Ils s’opposent alors à l’économie planifiée, un système qui repose sur l’idée que c’est l’État, et non plus les acteurs du marché, qui prend les décisions relatives à l’offre et à la demande.

Dans un régime politique libéral, la place économique de l’État est fonction de la disposition des pions sur l’échiquier politique et, de fait, de la marge de manœuvre laissée au marché. L’État, lui, est plus ou moins interventionniste selon les modèles politiques et les circonstances (une crise économique, par exemple, favorise une intervention étatique plus poussée).

Dans la majorité des sociétés, l’État impose à l’économie de marché des restrictions et des obligations qui visent à assurer un fonctionnement solidaire. Le but étant que cette économie soit compatible avec les programmes sociaux et la bonne marche des services publics, qui contribuent au maintien d’un certain confort de vie pour toutes les franges de la population.

Les secteurs traditionnellement pris en charge par l’État – éducation, santé, transports en commun – sont ce qu’on appelle les services publics : ils sont régis par une doctrine égalitaire et collective. Mais la part la plus importante des biens est régie par l’économie de marché qui s’affranchit de toute planification étatique.

Pour autant, économie de marché est-elle synonyme de capitalisme ?

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Économie de marché VS capitalisme

Parfois assimilées ou conjuguées, les deux notions que sont l’économie de marché et le capitalisme ne sont pourtant pas corrélatives. Elles correspondent plutôt à des phases successives du système économique :

  • Phase 1 : la vie matérielle primitive qui voit les processus d’autosuffisance se limiter à l’existence immédiate et locale (individu, famille, petits groupes) ;
  • Phase 2 : l’économie de marché, qui découle d’échanges rendus nécessaires par la division du travail (je produis des biens spécifiques et je dois donc échanger avec autrui pour me procurer les produits que je ne fabrique pas moi-même) ;
  • Phase 3 : le capitalisme, une étape amorcée par les entreprises dites « de commerce ou de négoce à long cours » et qui correspond à une financiarisation du système économique dont l’objectif devient exclusivement le profit. C’est le contexte du capitalisme qui pousse une start-up à vouloir crever le plafond et devenir une super-licorne, et non l’économie de marché.

Contrairement au capitalisme, défini par l’appât du gain, l’économie de marché n’a pas nécessairement pour but un profit important ou exclusif. L’État lui-même, y compris dans sa dimension interventionniste, génère des échanges commerciaux qui répondent à la définition de l’économie de marché.

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L’économie de marché : une forme de démocratie ?

Certains économistes définissent l’économie de marché comme une « démocratie économique ». L’analogie avec la démocratie politique s’appuie sur 4 piliers :

  • L’homme politique est l’entrepreneur
  • Le programme politique est le produit
  • L’électeur est le consommateur
  • Le bulletin de vote est la monnaie

De sorte que l’économie de marché se présente comme une élection, non pas des politiques par les électeurs, mais des entreprises par les consommateurs. C’est une démocratie à suffrage universel direct : ce sont les acheteurs qui, au gré de leurs besoins et de leurs envies, maintiennent à flot ou laissent couler les navires-entreprises et leurs produits.

Si cette analogie vous plaît, allez lire l’explication détaillée qu’en donne un économiste sur cette page riche et passionnante.

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Variantes et perspectives

Le concept d’économie de marché ne s’arrête pas à sa définition brute, à ses enjeux ni à son analogie. Il prend toute sa mesure lorsqu’il vu dans son ensemble : on parle ainsi volontiers « des » économies de marché plutôt que « de » l’économie de marché, au sens où ses applications et implications sont fonction du contexte et des institutions qui permettent aux marchés d’exister.

En particulier, des concepts variables ont prolongé ou se sont substitués à l’économie de marché « classique », ou se sont proposés comme alternatives pour une meilleure prise en compte des intérêts humains. Ainsi, l’économie sociale de marché a été déclinée de plusieurs façons selon ses pays d’adoption, par exemple en Allemagne, où elle s’efforce de trouver un équilibre social.

Les préoccupations environnementales permettent aujourd’hui d’imaginer une économie de marché qui prendrait en compte les nécessités écologiques : une économie durable de marché, basée sur les préceptes du développement durable, voire une économie sociale et durable de marché.

L’économie de marché se présente donc comme un système économique de base, posant des fondations sur lesquels les évolutions politiques, économiques et sociales sont libres de construire des modèles innovants, solidaires et plus respectueux de l’environnement. En somme, l’économie de marché, c’est ce que nous faisons tous ensemble de l’idée même de marché.

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