Le burn-out est-il une maladie professionnelle ?

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Depuis mai 2019, le burn-out possède un nom de code : QD85. Ce syndrome lié à un stress chronique causé par un échec au travail entre dans la nouvelle Classification internationale des maladies établie par l’OMS : la CIM-11 qui entrera en vigueur en janvier 2022. Les experts mondiaux de la santé en collaboration avec l’organisation précisent toutefois que le burn-out ne doit pas concerner d’autres problèmes liés à d’autres domaines de la vie, mais uniquement le domaine professionnel.  

 Quelles sont les manifestations du burn-out ?

  • Les symptômes physiques

La fatigue intense et constante est un signe physique important du burn-out. Le manque d’énergie peut être la conséquence d’une insomnie par exemple. Le sentiment de négativisme induit par l’épuisement prend le dessus au travail. La personne fait alors face à une inefficacité professionnelle progressive lorsque la fatigue s’accumule. D’autres maux plus physiques se manifestent également, dus à la tension et au stress qui mettent le corps à rude épreuve. Les muscles peuvent être constamment tendus et douloureux par conséquent. Le patient peut ressentir un mal de tête au quotidien, des maux de dos ou des douleurs articulaires. L’anxiété chronique causée par le burn-out a aussi des répercussions sur la digestion et l’appétit. La personne peut manger moins et maigrir ou au contraire, trop manger et grossir rapidement. Le stress intense est aussi l’une des causes les plus fréquentes des problèmes d’intestins ou d’estomac.

  • Les symptômes psychiques

Les manifestations psychiques du burn-out sont souvent masquées par le déni. Elles apparaissent en effet insidieusement et progressivement avec différentes intensités. La fatigue psychique quant à elle donne le sentiment d’être à bout de force, malgré tous les efforts fournis au travail. La personne est constamment triste, hypersensible, irritable avec un sentiment de culpabilité grandissant pour tout. Les manifestations cognitives sont d’autres symptômes qui doivent alerter. La perte de mémoire peut être progressive ou immédiate. Le patient éprouve beaucoup de difficultés à se concentrer, à s’organiser même pour les tâches les plus faciles et à atteindre les objectifs fixés au travail. Les symptômes comportementaux peuvent être détectés même en dehors de l’environnement professionnel. Le patient est isolé socialement, n’a plus envie de rien et n’éprouve aucun plaisir.

Comment repérer et soigner le burn-out ?

Les cibles des recommandations de la Haute Autorité de la Santé concernant le repérage des symptômes du burn-out sont principalement les médecins du travail et les médecins généralistes. Le diagnostic doit reposer sur des manifestations cliniques et des démarches qui visent à détecter d’éventuelles pathologies sous-jacentes. Le médecin doit donc avant tout rechercher une pathologie organique qui pourrait être associée aux manifestations physiques et psychiques du burn-out. Une analyse des conditions de travail doit ensuite être effectuée, si l’hypothèse d’une « vraie » maladie est écartée. Dans ce contexte, il faut rechercher les facteurs de risque à travers une démarche structurée en compagnie de différents professionnels comme le psychologue du travail.

La prise en charge médicale doit pouvoir « remédier » à l’origine du mal-être. Un arrêt de travail peut être nécessaire pour mieux coordonner le traitement. Outre le médecin traitant, un psychiatre peut être sollicité pour établir un diagnostic psychopathologique lorsque les symptômes du burn-out sont sévères. C’est le psychiatre qui peut également évaluer la nécessité de prolonger l’arrêt de travail en cas de force majeure. Le burn-out pouvant être associé à la dépression, le traitement par antidépresseur peut être prescrit, mais ce n’est pas systématique. Au-delà de la prise en charge médicamenteuse, des interventions psychothérapeutiques sont souvent programmées pour apprendre à gérer son stress en entreprise.

Comment se passe le retour au travail ?

Le retour à l’environnement professionnel doit être bien préparé et anticipé. Conformément à l’analyse des conditions de travail déjà effectué, une mise en place d’actions de prévention peut être envisagée en fonction de la gravité de la situation. Avant la reprise de poste, il est toujours recommandé de programmer des rendez-vous chez le médecin du travail qui pourra conseiller à l’employeur un éventuel aménagement du travail du patient. S’il le juge nécessaire, l’employeur peut reclasser le salarié dans ses fonctions ou le réorienter vers un autre poste. Quoi qu’il en soit, le suivi médical ne s’arrête pas au jour de la reprise du travail du patient. Pour le maintenir dans son emploi, le médecin du travail ou le médecin traitant et/ou le psychiatre doivent indispensablement organiser un suivi régulier du travailleur récemment traité du burn-out. Le patient doit quant à lui doit renouer avec son environnement professionnel étape par étape, car la reprise n’est pas facile après des semaines, voire des mois d’absence.

 

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